Ping-pong – 3.1 Règles

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À propos de zviane

J'aime le blé d'inde.
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6 réponses à Ping-pong – 3.1 Règles

  1. Pierre dit :

    L’art, c’est la vie domptée, a écrit Romain Rolland. Il me semble qu’au delà de notre subjectivité, nous partageons en tant qu’êtres de la même espèce (ou plus étroitement, de la même culture), un fond commun de sentiments, d’émotions, et une expérience commune de la vie.
    Pour qu’une oeuvre soit universelle et traverse le temps, il faut qu’elle formule quelque chose de notre existence, qu’elle « dompte » un échantillon de la réalité et l’exprime de manière épurée, intelligible, portant un aspect de la vie à notre conscience. C’est évident dans la littérature, lorsqu’on lit un passage qui nous éclaire sur le monde, mais je pense que c’est vrai aussi dans la musique. Après, cela requiert parfois une certaine culture pour apprécier une oeuvre – culture dans le sens d’une transmission de règles, de savoirs et de savoir-faire, un entrainement des sens – donnant les clés pour comprendre un langage, qu’il soit parlé, visuel, musical, gustatif, etc.
    Après, il y a les œuvres plus éphémères, qui répondent à un besoin émotionnel passager dans une société (le rap, le métal, la pop music) et qui traversent moins les époques car ces œuvres touchent quelque chose de plus superficiel, propre à une époque et une génération particulière.

  2. meyle dit :

    Toutes les considérations sur les « oeuvres universelles qui traversent l’éternité » relèvent d’une candeur souvent eurocentriste (occidento-centriste !) plutôt,
    ainsi depuis les productions des grandes calvities grecques touchant l’essence du Pur, sculpteurs, philosophes,
    via les grands fronts bravant l’orage romantique, sondant les abîmes de la Destinée,
    jusqu’aux Rimbaud-Voyants qui donnent des ordres à l’univers ! lorsque leur connaissance de la poésie du monde se borne à ce qu’en savent leurs contemporains – le bout de leur nez..
    Candeur nombriliste.
    « La postérité c’est des cons comme nous. » (Valéry)

    Et tous ces grands mots que cette naïveté nous fait coller – tenter de coller – à notre enthousiasme, peuvent retomber une fois sortis du four de notre excitation :
    une oeuvre que je dis « géniale », « trop top », « bonne » (autrefois on disait même « belle ») est, au bout du compte, une oeuvre qui me suffit. Et rien de plus.
    Comme elle a suffi aussi à celui qui l’a publiée, il n’a pas pu aller plus loin, il arrête son travail à cet état qu’il veut son achèvement ;
    .. Comme en ce moment me suffit ce que je suis en train d’écrire, assez naïvement pour le croire digne d’être partagé avec d’éventuels lecteurs

    Quant aux règles, on peut en espérer une forme d’objectivation des critères en matière de jugement artistique… Mais l’universalité que nous leur accordons est une « universalité restreinte ».
    (Les codes de l’opéra chinois, du théâtre Nô…) Le connaisseur jouit du respect des règles qu’il reconnaît, comme il peut jouir de les voir enfreintes en toute connaissance de cause
    En matière d’art les règles sont toujours à inventer dit Louis un poète,
    ainsi
    « la poésie classique reste à faire, et à faire bien plus que « classique »
    http://www.youtube.com/watch?v=sNr4Uiokh9s

    Puis l’ethnologie, l’ethnomusicologie relativise tout.
    Puis… « le temps nivelle tout » (Messiaen).
    Les mille et quelques années de musique occidentale de tradition écrite ne représentent pas 2% de la musique mondiale aujourd’hui répertoriée
    « Et si ma musique allait ne pas plaire à Dieu ? » demandait non sans modestie, ironie, amertume, Debussy (étant donné les niaiseries déversées par nombre de ses critiques sur son oeuvre)
    Il est bon de se dégager un peu du souci de l’évaluation par autrui.

    Reste que fronton du Trocadéro à Paris dit comme Zviane :
    http://1.bp.blogspot.com/-1OhiXgPKGCk/U0VAbfXBw1I/AAAAAAAABJo/APAf8tVFiUQ/s1600/Aile+Passy+TNChaillot+paul_valery.jpg

  3. Robin dit :

    J’ai comme l’impression que tu melange un paquet de choses dans cette partie là du ping pong (hé, c’est sans doute surement le principe d’ailleurs) (et je ne peut m’empécher d’y répondre longuement : merci).
    Faut dire que le mot « bon » permet pas mal de tout mélanger…

    Parce qu’avant même de pouvoir porter un jugement de valeur (bon/mauvais/etc), je crois qu’il faudrait définir la façon dont on perçoit les oeuvres de l’esprit.
    Le truc de « on est tous différents, et les gouts et les couleurs ça se discute pas » ne m’à jamais vraiment convaincu : il n’explique pas comment se fait la lecture. Certe le contexte de réception à une importance, mais il n’y à pas que lui pour expliquer le sens donné à une oeuvre, par soi et par d’autres.

    Dans « qu’est ce que la littérature » (excellent livre de Sartre), il s’attarde un long moment sur le fait qu’une oeuvre littéraire écrite n’est pas complète. L’oeuvre n’est complète que lorsqu’elle est lue. C’est donc au lecteur de faire une grande partie du travail. L’auteur va être plus ou moins exigeant avec lui. Et dés lors, un lecteur peut se montrer exigeant envers l’oeuvre. (je la fait ultra rapide là…)
    J’aime énormément cette définition, puisqu’elle s’applique sans problème aux oeuvres non littéraires, qui sont elles aussi l’appel d’un auteur à des publics, pour que ces derniers viennent compléter son travail (en étant spéctateurs, lecteurs, auditeurs, danseurs, etc).
    De fait, de nombreux critiques et historiens d’arts ont parlé du « travail » à effectuer face à un tableau.

    Y’à un décriptage donc. On travaille une oeuvre quand on la réceptionne.
    On jongle entre plusieurs niveaux de sens, d’analyse et de compréhension.

    -L’oeuvre elle même (ce qu’on peut en nommer, comment on peut la décrire),
    -Son contexte de création (d’où elle vient, son époque, sa culture, l’individu qui l’à crée)
    -Puis, le contexte de réceprtion (époque et culture également, l’individu qui la complète)
    -Et surtout, l’écart entre les deux (qui rend une oeuvre distante (culturellement parlant) forcément plus dûre à appréhender. C’est cet écart aussi qui construit les « chefs d’oeuvre », admirables surtout pour leur resistance au temps, quand ils viennent parfois de contextes culturels complètement différents (l’histoire aussi joue beaucoup. Ce dont on parle et ce qu’on montre beaucoup à bien plus tendance à perdurer, qu’elles qu’en soient les qualités).

    J’oublie surement des trucs, mais je crois qu’on jongle entre ces différents éléments pour dégager un sens.
    Mais que faire si il nous manque les outils nécessaire pour comprendre ? Par exemple, si je regarde la joconde en ne sachant rien du contexte (notamment, que c’est quasiement le premier portrait souriant de l’histoire de la peinture, ou encore, que c’est un tableau de commande que léonard n’à jamais livré, mais achevé pour lui seul…etc).

    Gille Deleuze fait une proposition là dessus (dans l’ABCdaire, et à propos de la philosophie) : il avance que toute chose digne d’intéret est suscéptible d’une double lecture. D’une part une lecture erudite, informée et d’autre part une lecture simple, en insistant sur le fait que cette dernière ne manque de rien : elle se suffit à elle même.
    Pour lui, il s’agit d’affirmer que la philosophie peut être lue par tout un chacun avec ses propres ressources, en-tant-qu’il-est-« quelque chose ».
    Par exemple, qu’un boucher peut lire de la philosophie en tant que boucher, ou une danseuse en tant que danseuse, etc.
    Et que donc on à pas besoin d’être historien de l’art pour prendre plaisir à regarder un vieux tableau. On peut le regarder en tant que biologiste.

    Ce qui donne deux pistes extremes, et toutes les nuances que l’on voudra entre les deux :
    Face à une oeuvre distante, on pourrait soit s’instruire et essayer d’aller vers une lecture plus spécialiste, soit combler les manques et effectuer une lecture à-partir-de-quelque-chose-que-l’on-connais-déjà.

    Il m’est arrivé d’avoir une discution avec un oncle, qui en me parlant de course automobile à fait écho à des problèmes de dessin.
    Il plaçait le rallye bien au dessus de la course sur circuit, en opposant d’une part une improvisation pleine de style, et d’autre part une execution basée essentiellement sur la mémoire.
    Surement qu’il pourrait comprendre le dessin comme ça.

  4. zviane dit :

    J’aurais pas mal de choses à répondre, mais elles se trouveront dans les prochains chapitres, qui sont déjà scénarisés, mais qui vont peut-être être un peu augmentés. Merci!

  5. Sven Hakkins dit :

    Quand tu demandes: « qu’est-ce qui fait que quelque chose est bon? », je pense que tu prends le problème à l’envers.

    Il faut synthétiser, pas analyser. Autant le créateur que le spectateur. Sinon, c’est passer à côté de l’art. Faut ajuster son cerveau, bref.

  6. Emmanuel dit :

    Je crois que tu es passé a coté du Sujet.
    Relation peinture & musique, il faut voir Charles Le Brun: sa théorie académique de la peinture est calqué sur les théories musicales de l’époque, ce qui innove car elles étaient auparavant calqué sur les théorie poétique.

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