Ping-pong – 3.2 Bon goût

pp066 pp067 pp068 pp069 pp070 pp071 pp072 pp073 pp074 pp075

À propos de zviane

J'aime le blé d'inde.
Ce contenu a été publié dans Ping-pong. Vous pouvez le mettre en favoris avec ce permalien.

18 réponses à Ping-pong – 3.2 Bon goût

  1. Sven Hakkins dit :

    Les pyramides d’Égypte. Parmi les merveilles du monde depuis longtemps. Déconstruis-les, qu’en restera-t-il? Des pierres, du sable, éventuellement?

    Qui a la prose la plus virtuose, entre Camus et Proust?
    Qui est le plus ambitieux, entre Camus et Proust?
    Qui narre le mieux, entre Camus et Proust?

    Si on ne comprenait rien en 1951… en 2014, ça n’a pas vraiment changé.

    Imho, il est préférable de synthétiser l’oeuvre et de saisir en quoi elle nous marque. Tous ceux qui ont essayé d’analyser ne sont parvenus à aucune réponse! Ils tentent de saisir l’insaisissable. Déconstruire la création… l’Art n’est pas un moteur de char.

  2. Sven Hakkins dit :

    Et à quoi bon émuler les grands maîtres? Mieux vaut les dépasser; ils ont laissé l’humanité dans un triste état.

  3. Kevin Shanks dit :

    Un poème:

    L’Art
    Est souvent créé
    Par inadvertance;
    Ceux qui tentent d’en produire
    N’y parviennent jamais.

  4. Airelle dit :

    La partie sur les 7 éléments de design fondamentaux m’a fait penser aux théories de Kandinsky sur l’art. Je recommande à ce sujet de lire « Du Spirituel dans l’art et dans la peinture en particulier » (où il détaille sa théorie des couleurs) et « Point et Ligne sur plan » où il détaille (c’est un euphémisme, et il illustre par des exemples) ce qui se cache derrière les formes.

  5. zviane dit :

    Merci beaucoup Airelle! Je mets ça dans ma pile! :)

  6. Bonnet dit :

    Ca m’a fait penser à ce passage de  » l’Art Invisible  » de Scott McCloud, quand il parle du chemin, notamment universel, de la création d’une oeuvre d’art. Il y aurait 6 étapes : idée/but, forme, idiome, structure, technique et apparence. Ca ressemble un peu à la théorie de Boulet mais, encore une fois, il y a cette opposition entre le fond et la forme.

    Par contre, ce chemin est intéressant car il n’y a pas de hiérarchisation entre les étapes. On peut le suivre dans un sens comme dans l’autre, en partant du début ou de la fin, ou même en le prenant en cours de route… le plus important c’est de passer par toutes ces étapes. Quand c’est le cas, cela amène selon lui à la question fondamentale :  » Pourquoi est-ce que je fais cela ? « .

    Ces 6 étapes pourrait être les 6 éléments d’une grille d’analyse de  » bon goût « . Elles ont quelque chose qui fait écho avec la théorie de Graves, en étant moins visuel. Mais j’avoue que ça reste encore un peu flou…

    Chouette BD au demeurant, j’ai hâte de lire la suite :) .

  7. zviane dit :

    Ha j’avais oublié ça, ce truc-là de McCloud, merci, je vais aller revoir ça!

    Il y a un gros problème avec le mot « forme », il renvoie à un million de trucs différents. Est-ce que je parle de la forme que je dessine? De la forme en tant que structure narrative? De la forme en tant que « moyens utilisés pour rendre un fond »? Aux spécificités d’un art, qui « prend forme »? J’aime pas trop ce mot qui veut tout et rien dire à la fois…

  8. Bonnet dit :

    Oui, tout à fait d’accord. Par exemple, il appelle  » forme  » le média utilisé, et met la narration dans l’étape  » structure « . C’est pas toujours clair, il y a sûrement moyen de reformuler.

  9. Robin dit :

    Le coup de la hiérarchisation, c’est clair que ça sonne pas mal tiré par les cheveux.
    Surtout pour opposer des oeuvres très éloignés culturellement (bach vs le boogie ???).
    Dans un tel cas de figure, quel intéret de savoir « qui est le meilleur » ? Une analyse des deux semble intéressant, mais pourquoi faudrait il qu’un contexte culturel s’impose comme « le bon » ?

    J’ai l’impression qu’intrèsèquement, c’est la question qui se pose quand on commence à placer ce genre de jalons : quelle culture devrait (selon nous) être le mètre-étalon des autres. Bon ou mauvais, ça me semble une affaire de puissance.
    À quoi on voit d’ailleur que l’académisme et le classicisme ont la vie dure.

    Le boogie : 20eme s, une musique à danser, morceaux courts, populaire, noire, américaine.
    Bach : 18eme s, un compositeur de musique classique, morceaux longs, aristocratique, blanche, occidentale. (pour parler du contexte de création)

    C’est tellement pas la même chose…
    Après, soit on prend ces différence comme de précieuses informations historiques, qui nous permettent de réfléchir au pourquoi des choses (et de fait à mieux les comprendre). Par exemple :
    – Pourquoi le boogie woogie privilégie t’il des morceaux courts ?
    – Quelles étaient les formes de musiques populaires à danser du temps de JS Bach ?
    – Pourquoi Bach s’intéresse t’il au piano forte ?
    – Comment l’écoute de la musique classique s’est elle popularisée ?
    – Etc. (pourrait y avoir des questions moins historiques et plus formelles (dominance de tel ou tel rythme, de tel ou tel formes, pourquoi…, mais je ne pourrais surement pas les formuler sans en savoir plus).

    Mais si on ne veut pas rélféchir, ou porter à tout pris un jugement de valeur, alors on choisira que Bach ou le Boogie woogie mérite d’écraser culturellement l’autre, et de se poser comme plus volontier comme modèle, puisque dés lors, ce qui aura tendance à ressembler à du bach par exemple, sera d’office mieux qu’un autre truc qui ressemble à du Boogie.
    Ca me parait pas très intéressant.

    Il me semble que le seul usage pertinent des adjectif « bon » ou « mauvais » survient quand il ne sagit plus d’un jugement de valeur abstrait, mais bien quand il s’agit de déterminer si quelque chose est bon ou mauvais en rapport avec ses conséquences.
    Et donc, en rapport avec une éthique.
    Exemple : On peut discuter sans fin des qualités/défauts d’un film comme Avatar sans parvenir à fixer si sa « valeur cinématographique » est forte, faible ou moyenne. On peut discuter également sans fin pour tenter de le comparer à d’autres oeuvres culturellement lointaines, pour savoir lasquelle est la « meilleure ».
    Ou on peut considérer que le débat est ailleur. Et affirmer que si Avatar est une merde, un mauvais film, c’est que son mode de diffusion à été le matraquage publicitaire mondialisé, qui est éthiquement inacceptable.

    Et là pour le coup, la discution ne finira sur « c’est les gouts et les couleurs de chacun », mais sur une prise de position.
    Si on l’entend de cette façon, il me semble qu’effectivement une oeuvre peut être bonne ou mauvaise.
    Mais ça ne se passe pas sans le monde ou sans l’histoire.

  10. zviane dit :

    Bof – je vais conclure là-dessus dans la prochaine note, mais pour ma part, la « merde », si elle existe, ne m’intéresse pas.

    Donc commencer à comparer les choses entre elles, trouver qu’est-ce qui est meilleur que l’autre, ça n’a (en tout cas pour moi) pas vraiment d’intérêt. Faut aussi se rappeler que le livre date des années 50…

  11. Robin dit :

    Du même avis (et malheureusement un peu trop bavard…).

  12. zviane dit :

    Nan! Jamais trop bavard! :)

  13. Sven Hakkins dit :

    […] la « merde », si elle existe, ne m’intéresse pas

    Et pourtant, sans laid, pas de beau, non?

  14. Kevin Shanks dit :

    À mon avis, il faut se rappeler que la beauté n’existe pas vraiment; c’est une abstraite création humaine, comme la justice et la compassion. Dans la nature, il n’y a pas de beauté ou de laideur. Ça se passe entre nos deux oreilles. Voilà un peu pourquoi je trouve étrange d’essayer de l’analyser, de la comprendre, de la déconstruire, d’en trouver les éléments qui la constituraient… ça me semble impossible, puisque c’est une notion toujours en évolution, toujours changeante.

    Les Anglais disent « Beauty is in the eye of the beholder ». Quelques exemples: la mère qui trouve fort joli le premier dessin de sa fille de 3 ans, le pervers sadique qui trouve fort joli le viol d’une jeune femme, le punk qui trouve fort jolie une chanson de Bérurier Noir, le fétichiste qui trouve fort joli un pied à 6 orteils, un aveugle qui trouve une femme fort jolie à cause de son timbre de voix…

    Ensuite, la beauté évolue avec le temps: ce qui était beau à une époque ne l’est plus nécessairement quelque temps plus tard. Prends Marilyn Monroe: 50 ans après, cette icône ne se ferait jamais engager comme mannequin. Les hommes manquaient-ils alors de tant de goût pour ne pas partager les nôtres? Pourquoi le bon goût d’une époque serait-il toujours meilleur que celui de l’époque précédente? Bref, la beauté, le bon goût sont des consensus qui évoluent avec le temps, le plus souvent dictés par une élite.

  15. naw dit :

    C’est passionnant et les questions que tu soulèves sont immenses! (à propos du bon goût, ça me rappelle l’équation de Dirac et cette manière qu’elle aurait, d’être élégante donc juste.. la beauté comme une harmonie mathématique ordonnatrice et mystérieuse tant elle s’appliquerait à tout en nous et en dehors de nous, mais pas que.. ou si, mais non)

  16. Mel Ann dit :

    UNITÉ
    CONFLIT
    DOMINANCE
    (i saw what you did there…) super typo!

  17. Emmanuel dit :

    Je crois que tu es passé a coté du Sujet.
    Relation peinture & musique, il faut voir Charles Le Brun: sa théorie académique de la peinture est calquée sur les théories musicales de l’époque, ce qui innove car elles étaient auparavant calqué sur les théorie poétique. ( « ut pictura poesis » d’horace )

  18. Emmanuel dit :

    Encore une chose: il faut les « moyens et les fins » de Ernst Gombricht qui parles tres justement de la structure et la hiérarchisation des peintures.
    Puis il faut lire « théorie generale de l’art de Jacques Thuillier  » ( il faut lire ses cours au collège de france, mais pas la synthese de ces cours qui sont tres parcellaire. )

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.