Ping-pong – 3.4 Habitudes

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À propos de zviane

J'aime le blé d'inde.
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14 réponses à Ping-pong – 3.4 Habitudes

  1. Kevin Shanks dit :

    Je n’ai pas encore lu le billet; je garde ce plaisir pour demain.

    Par contre, j’ai compris un truc. T’es comme une puff d’oxygène pur: tu réveilles les neurones et tu donnes le goût de vivre.

    Félicitations. T’es un fucking élément.

  2. Et quand tu fais la vaisselle ,fais-tu vraiment la vaisselle ?Est-ce que ton attention porte réellement sur l’assiette que tu laves ,sur l’eau qui coule entre tes doigts ,sur la mousse et ses bulles qui naissent et puis éclatent ,sur ta posture ,ferme et souple sur tes jambes ,es tu consciente de ton dos ,est-ce qu’il souffre dû à une mauvaise position ?Si tu sais faire la vaisselle ,la réalité ne te sera plus invisible parce que tu ne la penseras plus mais au contraire tu feras un avec cette réalité :tu trouveras tes affaires ,tu résolveras tes problèmes de création ,et quand tu joueras tu ne feras qu’un avec ton piano ,tu ne seras plus en pilotage automatique .Enfin je me permets de te dire çà mais si çà se trouve ,tu le sais depuis longtemps ,j’espère ne pas t’avoir ennuyé avec mon (long) com .en tous les cas j’apprécie beaucoup ton blog et je ne loupe plus un seul épisode !J’ai pratiquement tout lu et je suis fan .
    Cheers !

  3. meyle dit :

    « Le plus dur n’est pas de faire les choses, mais de se mettre en état de les faire » dit Brancusi.
    (Perso rien de Brancusi qui me plaise, mais sur la formule il n’a pas trop tort.)
    La psychologie de la perception est une science en constant progrès. Elle peut éclairer la création artistique.
    Mais on voit que l’habitude est un élément essentiel à la survie de l’homme, sinon le soleil, les arbres que le vent remue, ou simplement la forme de son corps lui seraient de constants objets d’étonnement, et probablement d’effroi.
    Un chose qui bouge tout à coup dans une pièce où l’on est sûr d’être seul nous glace de frissons, jusqu’à ce que nos yeux reconnaissent le chat du voisin entré par la fenêtre, ou la couverture mal calée qui glisse du canapé.
    Le rangement instantané dans la case « objet connu, répertorié » c’est la grande force de l’habitude.
    Pourtant un chat, une couverture. sont des choses folles en elles-mêmes. Mais nous les avons vues des centaines de fois .. C’esr seulement à l’âge bébé ou toute petite enfance qu’on reste bouche bée devant ces trucs nouveaux à nos jeunes yeux..
    Après on ne fait plus attention à ces délires..
    (car tout est délire)
    Sur les « percées de l’habitude » par le chemin artistique, c’est encore une fois l’inscription du fronton du Trocadéro à Paris:
    « Choses rares ou choses belles
    Ici savamment assemblées
    Instruisent l’oeil à regarder
    Comme jamais encore vues
    Toutes choses qui sont au monde »

  4. @meyle :je ne suis pas sûr que « l’habitude est un élément essentiel à la survie de l’homme […] ».Le fait simple d’être présent à toute chose ,et par conséquent ne plus agir en robot (pilotage automatique ) rompt par là -même cette notion d’habitude .Et quand nous rompons avec « l’habitude  » nous rompons avec la peur ,nous entrons de plein pied dans la vie et nous ne sommes plus dans le mauvais plan de la survie .Pourquoi être effrayé par cette corde que nous prenons pour un serpent ?Il est vrai qu ‘à un moment donné il faut quitter le délire mental pour être dans la pure perception ;et çà change la vie assurément .

  5. meyle dit :

    Jean-Marie Gabet merci
    mais j’avais lu ton commentaire précédent 100% zen
    Je ne veux pas manquer de politesse mais.. Avoye que ce genre de chose est diffusé et dilué en Occident depuis des décennies, au km de lignes chez Guy Tredaniel éditeur, en boucle en France sur « Radio Ici et Maintenant », être pleinement présent dans le fait de poser son oeuf dur dans le coquetier, de retirer la coquille, d’y plonger sa cuillère etc.
    Comme tu le soupçonnes Zviane sait tout ca par cœur, moi aussi et toi, et tout le monde.

    Mon commentaire n’est pas plus original, ma considération sur la force d’habitude (la plus puissante au monde selon Einstein!) essaie simplement de la loger à sa place dans les comportements sociaux comme intimes, et de situer le relief, l’écart de son rapport avec l’invention artistique

  6. @meyle :alors oui effectivement j’ai toujours l’impression de découvrir quelque chose de nouveau que souvent ,la plupart du temps ,les personnes auxquelles je m’adresse connaissent déjà :-).Je ne connais pas trop « Radio Ici et Maintenant « (et franchement je trouve çà trop bizarre :-)) ) ,ma connaissance du zen vient essentiellement du dojo dans lequel je pratique .Cependant j’avoue que dans ton com je ne comprends toujours pas pourquoi l’habitude est un élément essentiel à la survie de l’homme .En fait c’est çà qui me chiffonne .J’ai lu et relu ton com ,je crois percevoir ce que tu veux dire mais ce n’est pas toujours très clair dans mon esprit .En tous les cas merci de m’avoir répondu .Bien amicalement .

  7. Bonnet dit :

     » La solution qui apporte du plaisir  » m’a fait penser à cette [[http://doodlealley.com/2013/11/04/on-gamification/ BD]] de Stephen McCranie sur son blog Doodle Alley. Mais il y parle davantage de gamification, afin de trouver une méthode de travail amusante, plutôt qu’un moyen de sortir de ses habitudes.

    C’est une question compliquée, je suis curieux d’en lire plus sur ton juste milieu.

  8. Bonnet dit :

    (ah désolé, j’ai voulu partager la BD en lien hypertexte pour que ça soit plus simple mais ça n’a pas marché, voilà juste l’adresse : http://doodlealley.com/2013/11/04/on-gamification/)

  9. Sven Hakkins dit :

    Google is God, comme disait l’autre il y a fort longtemps.

    Voici ce que j’ai trouvé, je pense que ça pourrait t’intéresser, ça parle de doute, de peinture, de musique, de création et de littérature:

    http://seance-cinq-academies-2010.institut-de-france.fr/discours_petitgirard.php

    Sinon, t’as bien raison, qui doute trop n’avance plus. J’en sais quelque chose ;)

  10. Naw dit :

    Encore une question immense ! et merveilleusement bien soulevée.
    Je crois que là tu touches à un fondement humain, si on élargit la question de l’habitude et du savoir à tous les aspects de la vie, ça pose la question (quasi religieuse) de savoir s’il est possible de transcender les tas de cadres dans lesquels on se trouve, de ne plus être totalement tributaires des expériences passées.
    Je ne sais pas si cette recherche du regard constamment renouvelé doit forcément faire naître le doute et ses corollaires négatives… forcement ce juste milieu doit exister quelque part.. j’imagine que c’est l’oeuvre la plus importante d’une vie.
    Ici un entretien avec Krishnamurti (un peu long), avec des éléments de réflexion sur le sujet, mais c’est un radical lui ! et c’est intéressant parce qu’il décentre le regard :
    https://www.youtube.com/watch?v=g-wOEjxUMD8&list=PLEbxOVEQgBpPmA-L7xG-zDXtROuGfKHGj

  11. Resistor dit :

    J’ai une théorie. Il y a le petit moteur, celui du cerveau conscient qui permet d’être efficace, rapide et compétent. Et il y a la grosse machine. Celle de l’inconscient. Une machine d’une puissance quasi-absolue, inouïe, presqu’impossible à arrêter une fois en marche. La grosse machine peut recréer un univers entier juste pour s’amuser, pour se détendre. Elle le fait toutes les nuits quand on rêve. Elle peut aussi travailler avec une rigueur, une intelligence, une sensibilité et une audace, auxquels le petit moteur ne peut aspirer. Le petit moteur sert à démarrer la grosse machine. Tout le problème est d’avoir accès à la grosse machine. Si on regarde comment les grands créateurs en arts, philo ou maths ont réussi à faire démarrer cette grosse machine pour ensuite la faire travailler pour eux, on s’aperçoit qu’ils ont tous suivi le même chemin, celui tracé par l’ordre profond de leurs obsessions. Mais bon, ce n’est qu’une théorie. Merci pour Ping-Pong.

  12. meyle dit :

    merci Jean-Marie Gabet pour ton indulgence à mon com, ta façon de recevoir mes taquineries est elle-même « zen » et prouve que tu n’es pas un pratiquant seulement de paroles!
    Regarde.. La magie, les fantasmagories, les délires des contes de fée de notre enfance.. Arrivés à l’âge adulte nous ne croyons plus trop aux carabosses chapeau pointu, aux sorts, aux lutins etc. Et, la plupart d’entre nous nous disons « je suis plus un gamin », limite nous sommes fiers de plus croire à ces trucs puérils..
    Problème :
    Imagine une soupe d’or en fusion, une immense sphère bouillante, bouillonnante! et qui se soutient toute seule dans le ciel.. Tellement intense, éclatante, que nous acceptons humblement de baisser les yeux devant elle. Elle est si monstrueuse que chacune des bulles qui crève à sa surface a la superficie de la France..
    Comment, sans la force d’habitude, qui nous fait coller un mot « soleil » sur ce truc irregardable, pourrions-nous admettre ce délire ?
    Merci à toi ô force d’habitude! :-) Car aucun conte de fée dont, adultes, nous sommes fiers d’échapper aux inventions naïves, n’est plus fou que l’existence du soleil, dont nous sommes pourtant humblement résignés à admettre la vérité de l’existence.
    C’est en cela que la force d’habitude aide « la vie ». On ne peut pas fixer la vérité sans se brûler les yeux, on les baisse humblement pour pouvoir manger boire respirer, bref convertir en train-train le poids de cette folie.

    Il me semble qu’un artiste – en revanche – ouvre par brefs instants les yeux, les siens et donc (dans les meilleurs cas) les nôtres, sur ce que l’habitude nous gomme.
    J’aime cette interview de Stravinski où le musicien demande au journaliste, qui l’avait interrogé sur le pourquoi de son énergie créatrice :
    – Quand vous sentez-vous le plus intensément vivre ? À quels instants de votre vie? Moi c’est lorsque je compose.
    Et on sent bien l’extrême présence d’un artiste en acte à ce qu’il fait. (C’est d’ailleurs pourquoi la pratique du « zen » chez un artiste occidental me semble redondante, pléonastique !) Sa concentration passionnée peut obtenir ces trouées de lumière, percer – le temps d’une oeuvre, d’un moment réussi – le grise habitude.,
    Nous blesser d’une heureuse surprise

  13. @meyle :ayé ,j’ai compris ce que tu voulais dire !Et si je trouve çà bien vu (la notion d’habitude comme mécanisme protecteur face aux phénomènes qui nous dépasse pour mieux les apprivoiser et par conséquent acquérir un « mieux-être » ,la vocation artistique en contrepoint pour échapper à cette vision unique ,transcender l’habitude en quelque sorte )perso ,j’y adhère pas trop ,mais pourquoi pas ?En tous les cas merci encore d’avoir pris le temps de m’expliquer ton point de vue (j’espère que ce n’était pas en vain et que je l’ai bien compris ) et d’avoir témoigné ainsi de la patience à mon endroit .Merci encore ,cheers !

  14. Duanra dit :

    Moi j’appelle plutôt ça apprendre cette sensation excitante de ne pas avoir de filet !:-)
    Mais je suis d’accord sur le fond.

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